jeudi 24 septembre 2015

Tame Impala, Sufjan Steven, Wilco & Ryley Walker



Tame Impala – Currents :


    Sujet de discordes, tellement certains sont déçus de la tournure que prend Tame Impala, avec ce Currents. Je dois dire qu’il m’a fallu du temps pour assimiler, apprécier et « comprendre » ce disque. Quasiment plus aucunes guitares, claviers et grosse caisse en avant, le côté hit et pop est clairement et complètement assuré par Kevin Parker et ses sbires. Donc, je comprends que l’immédiateté très dansante de titres comme The Moment, The Less I Know The Better ou ‘Cause I’m A Man, participe au rejet de certains, qui étaient pris d’amour par leur excellent précédent disque, Lonerism. Après, s’il on s’accroche, ce disque est encore un bon cru, avec ses titres et refrains entêtants, qui s’incrustent durablement et qui donnent furieusement envie de bouger son cul ! Et puis, il y a l’incontournable Let It Happen, titre de plus de 7mn, qui fait admirablement bien le lien entre un Apocalypse Dream et les nouveaux titres de Currents



    Le disque est truffé d’intermèdes planants de moins de 2mn et le groupe sort de son chemin habituel de composition avec quelques surprises : Eventually, un slow qui tue ; Past Life très cinématographique, très  « Air » période Virgin Suicides… Sinon, pour les mécontents, Disciples et Reality In Motion rappellent le passé !
    Pour les déçu, je conseille d’aller écouter les deux excellents derniers disques de Holydrug Couple, qui sont clairement dans la veine des bombes Innerspeaker et Lonerism. Mais l’un n’empêche pas l’autre : aimer l’ « ancien » et le « nouveau » Tame Impala !



Ryley Walker – Primrose Green :


    Belle claque dans la tronche, que ce disque (encore merci More Blues des Zoreilles et SOF) ! Ryley Walker joue un Folk intemporel et complètement habité. A l’écoute de ce disque, on a l’impression de se retrouver à la fin des 60’s, début des 70’s, en Californie ou en perfide Albion, soit, en pleine révolution musicale. Nostalgique, mais pas passéiste, cette musique reste terriblement moderne. Ryley a truffé son disque d’arrangement luxuriant : piano, guitares, percussions, contrebasse et autres instruments qui ajoutent de la chaleur à ce disque, tinté de plans Jazz.


    Entre furie contenue (écoutez le passionné Summer Breeze ou Love Can Be Cruel) et douceurs chatoyantes (Same Minds, le Country On The Banks Of The Old Kishwaukee, l’impressionnant Sweet Satisfaction avec cette guitare électrique saturée résolument actuelle, soit 6mn de pur bonheur…), avec cette voix hantée, qui donne tout. Disque somme, où il n’y a rien à jeter et encore une surprise cette année, avec ce disque chef d’œuvre, sorti fin mars.




Wilco – Star Wars :


    Encore un beau pied de nez de la part de Wilco ! D’abord, cette pochette quelque peu décalée par rapport au nom du disque. Et aussi, parce que le groupe a distribué son dernier opus à écouter, pour ses fans, bien avant la sortie physique du disque (en juillet, pour une sortie dans les bacs prévue fin aout !).


    Après une entame bruitiste et décalée, qui montre que le groupe est toujours autant insaisissable (EKG), More… et cette ritournelle « Beatlesienne » nous ramène en terrain connu. Enfin connu… Wilco est toujours autant surprenant : mélodies sur le fil, guitares stridentes… Mais un titre qui met peu de temps à s’apprivoiser. D’ailleurs, la plupart des titres de se Star Wars, sont attachants rapidement. Grâce aux refrains, sûrement : Random Name Generator, The Joke Explain

    Ce groupe est insaisissable mais extrêmement attachant ! You Sattelite sera le point d’orgue du disque. Une montée douce comme ils savent si bien le faire. Une chanson qui met en transe jusqu’au fade out final. Superbe. Un album qui passe très (trop) vite (les titres sont assez courts !), qui va à l’essentiel. A ne pas louper non plus, le rock & rollesque Pickled Ginger, rock entrainant avec ce riff qui lorgne vers un AC/DC et ce solo complètement déjanté. Ah, j'oubliais ! Jeff Tweedy est l'un des meilleurs chanteurs actuels ! Ça c'est dit !



Sufjan Steven – Carrie & Lowell :


    Il aura tout fait : fanfare sur les routes des US, Electro alambiquée, arrangements classieux… Aujourd’hui ce sera simple : une guitare, quelques chœurs, quelques arrangements de piano, de claviers. Le résultat est stupéfiant de beauté et d’épure ! Des titres qui prennent aux tripes. Sufjan parle essentiellement de sa mère, décédée en 2012, et des moments passés qui ressurgissent, enfant, dans l’Oregon.
    C’est dingue de voir comment, avec sa seule guitare et sa voix, il arrive à nous faire venir les larmes : All of Me Wants Al of You, John My Beloved, Blue Bucket of Gold ou, surtout Fourth of July (avec ce titre, ça fonctionne à chaque fois sur moi !)


    Un disque à écouter, tranquille, bien installé, un verre à la main... Si vous êtes triste, que vous passez des moments difficiles, vous allez fondre (et j'en parle en connaissance de cause !)... Mais putain que c'est beau !

A + les rockers !

Arno

lundi 7 septembre 2015

Ghost – Meliora



 
    Les suédois déguisés sont de retour avec un disque imparable ! Un condensé de ce qu’ils ont fait avec le Hard Rock racé d’Opus Eponymus ou le Pop /Hard d’Infestissuman. Tout est là : du kitch assumé aux riffs imparables, en passant par ces claviers/orgues et chœurs « religieux », sans compter l’Artwork très typé de Zbigniew M.Bielak (entre art grec, rétro années 30 et art déco). La recette est distillée méthodiquement, subtilement comme une drogue, lors de ces 8 titres (plus deux intermèdes) et ces, à peine, 40mn de musique.

 
    Les premiers extraits étaient fort alléchants : Cirice avec son refrain entêtant à la Metallica post Black Album, avec une intro qui ressemble un peu à celle de As I Am de Dream Theater ; ou From The Pinnacle To The Pit avec cette basse surpuissante qui donne la marche à suivre. Intro typique (claviers type films d’horreur), avec Spirit et son refrain à chanter à tue-tête, pour bien remettre le contexte. Refrains entêtant (traumatisants, même, la nuit, dans sa tête !), et titres travaillés au cordeau, avec des gimmicks bien placés. Un titre balade et hymne, à la fois (He Is), où le groupe flirt parfois avec le ridicule (claviers, pianos sirupeux, la « balade des hardos » de rigueur…), mais la qualité d’écriture avec ce solo de guitare central (et le final, aussi !), rend ce titre incontournable. Titre enchainé à l’un des plus violents écrits par le groupe : le monstrueusement entrainant Mummy Dust.

Nouveau look et nouveau chanteur (sic), Papa Emeritus III

    A noter aussi les nombreux plans Prog’ dans ce disque : breaks et gimmicks de claviers (par exemple sur Absolution), soli de guitares maitrisés (les mecs se sont améliorés techniquement, ou les Nameless Ghouls ont changé ! Pour le batteur, c’est fort probable, car évoqué dans une interview.), jeux de batterie plus complexe (Tiens ?!?), sans en faire des tonnes et sans rendre ces passages interminables. Ils ont décidés d’être concis, mais efficaces. Après quelques écoutes, vous allez tous fredonner les Majesty (magnifiques soli de gratte là aussi !), Absolution (riff de dingue, encore !) ou le final Deus In Absentia (rappelant les titres les plus catchy d’Infestissuman) qui se termine à l’église. Putain de fucking disque ! Et disque de la rentrée, ni plus, ni moins !

 Album écoutable entièrement en streaming !

    Allez, je repars l'écouter ! “Can you hear the rumble? Can you hear the rumble that’s calling?”

A +, les vilains rockers !!

Arno