samedi 19 avril 2014

Agnes Obel, Nantes



Cité des Congrès Nantes, le 13 avril 2014

    Deuxième fois que je venais dans cette superbe salle (la première c’était pour voir l’excellent William Sheller avec groupe et orchestre). Et nous avions hâte de voir la belle Danoise nous exploser les sens avec ses chansons si essentielles.

Obel trio

    Première partie qui va bien dans le style de Mme Obel, avec Feral And Stray. Une Canadienne seule avec sa guitare et ses samples, qui nous offre une musique bizarre et calme. Pas facile d'adhérer rapidement à sa musique, mais j'ai bien scotché sur deux titres. J'ai trouvé ça bien, mais aussi un peu répétitif (sa façon de chanter surtout !). 

    Place ensuite à la belle Obel (facile, mais tellement vrai !) qui est accompagnée d'une Violoncelliste et d'une Violoniste. Toutes deux manient aussi les boites à loop et savent parfaitement s'en servir pour créer un rythme, ou une phrase musicale répétée. Des les premiers instants, un recueillement général s'empare de la salle. Le public est complètement emporté comme si le temps s'était arrêté durant la totalité du spectacle.

      Lorsque la musique de Miss Obel retentit, le silence s'installe instantanément.

    Une réflexion que je me suis faite durant le show : les chansons d'Agnes Obel (Philharmonics et Aventine) sont toutes superbement écrites. Et je les ai redécouvert en live. Les arrangements sont qualitatifs et apportent encore plus de matière et d'homogénéité aux compositions des ses deux albums (surtout pour les titres du premier opus, plus bruts et plus épurés). Sa voix prend une ampleur insoupçonnée et surprenante. L'ensemble est époustouflant et l'émotion provoquée intense. Pour ma part, Fuel To Fire m'a mis la chair de poule et fait monter les sanglots direct. Rebelote avec The Curse ou Riverside, incontournables de son répertoire. Words Are Dead m'a fait aussi son petit effet...


Cité des Congrès, vu de la scène

    Caro regrette de ne pas l'avoir vu chanter, de part notre position légèrement lointaine et plus à gauche de la scène (+ sa mèche de cheveu). Par contre, nous étions idéalement placés pour voir ses mains dévaler les touches de son piano et ainsi se rendre compte de la complexité de ses compositions. 




    Passage surprenant, lorsque Agnes étend un plaid sur les cordes de son piano, afin d'étouffer le son pour effectuer le titre Aventine. Elle va ensuite "taquiner" les cordes avec sa main gauche, pendant qu'elle joue de la main droite les notes. Impressionnant.

Les récentes Deezer Sessions

   Il faut noter aussi que ses accompagnatrices, en plus de jouer de leurs instruments et bidouiller leurs pédales d'effets, savent chanter. Et les effets de voix comme sur la chanson Run Cried The Crawling, sont parfaitement maîtrisés.



    Époustouflant moment de beauté pure et un concert que l'on est pas près d'oublier.Merci encore à Joss, d'avoir fait l'organisation. Nous avons fortement apprécié le petit moment de "re-descente" avec "tes" p'tites femmes.

A très bientôt, les rockers des villes et des champs.

Arno

mardi 15 avril 2014

Concert : Ibrahim Maalouf



Cholet, Théâtre St Louis, le 10 Avril 2014 :

    Première sortie au nouveau théâtre de Cholet pour aller voir cet artiste qui mélange les genres. Jazz, World, Funk et Rock, Maalouf c’est un peu tout ça à la fois. Introduction du concert par la « suite » de son dernier album (Illusions/Conspiracy Generation) qui donne le ton : le son est exceptionnel et la musique excellente.


    Frustration de ne pas pouvoir danser debout qui arrive vite, mais nous sommes au deuxième rang, juste devant le guitariste (et les trois trompettistes) et avec une vue imprenable sur l’ensemble de cette scène. Ibrahim, lors de son arrivé sur scène, se poste à côté des trompettistes, genre « c’est la musique qui est mise en avant », mais l’on va vite se rendre compte que le boss c’est bien lui. Il montre aux autres ziquos quand il faut continuer et quand il faut s’arrêter.



    En tous cas, lorsque les musiciens jouent groupés, c’est propre et puissant. Inutile de préciser que se sont tous des virtuoses et chacun aura le droit à son solo. Les ambiances varient entre moments endiablés (la rythmique bastonne à tout va) et pures moments de grâce. La trompette de sieur Maalouf est bien évidemment mise en valeur et avec les trois autres trompettistes cela forme un beau déluge sonore. Les titres du dernier album sont étirés (Unfaithfull, If You Wanna Be a Woman, InPressi et Nomade Slang) et j’avoue que j’aurai bien voulu voir ce que donnait Busy en live.
    Les titres plus anciens comme Lily Will Soon Be A Woman, aidé du public (qui était littéralement bouillant !) et surtout Beirut et sa superbe montée jusqu’au final Zeppelinien, sont aussi des moments incontournables du show.
    Seul bémol et je rejoins le ressenti de l’ami Stéphane, l’ami Ibrahim parle trop (sa mère aussi le dit !!) et les jeux avec le public cassent un peu le rythme (le summum ou le pire étant le long passage seul ou les bruits de pets avec sa trompette sont marrant, mais une fois seulement !). Ceci ajoute un peu au manque de spontanéité que l'on ressent, avec la forte impression qu’il ressort les mêmes « sketchs » à chaque concert.


    Mis à part ceci, je conseille au plus grand nombre d’aller voir cet artiste de qualité. Le groupe au complet envoie le bois et ces deux heures de concerts passent très vite. L’avant dernier titre, avec l’un des trompettistes qui prend le Biniou, fut aussi un moment de bravoure.
    Je pense retourner voir Maalouf et si je peux dès cet été où il sera au festival Jazz de Segré le 19 juillet (petite info au passage !)

Beirut en live

A bientôt, rockers des villes et rockers des champs !

Arno

mardi 8 avril 2014

Red Fang Live au Ferrailleur Nantes 20/01/14

    Mieux que le compte rendu, voici le concert en entier ! Comme si vous y étiez...

Heu... nous on y était ! Pensée à Tof, Seb et Lolo ! Quelle soirée !!! Et pour les autres, voyez la furie qui se dégage de ce concert, dans cette fournaise qu'est le Ferrailleur :





    J'espère que ça donnera envie au plus grand nombre ! Y a plein de concerts pas chers à faire pas loin de chez nous !

A bientôt, rockers des villes et rockers des champs  \m/

Arno

dimanche 6 avril 2014

The Socks, Together Pangea, Birth Of Joy, The Shrines, Brieg Guerveno & The Notwist



         The Notwist – Close To The Glass:


         Retour de ce passionnant groupe allemand qui se fait rare (6 années sans nouvel album) avec un disque de grande classe. Nous naviguons toujours entre Pop/Rock (Kong, très Nada Surf) et Electro froide (l’introductif Signals et le morceau titre, en sont les meilleurs exemples : voix nonchalante sur claviers robotiques). J’avais découvert The Notwist avec Neon Golden, qui fut un succès critique et la révélation de ce groupe, au début des années 2000. Je découvre avec ce superbe dernier opus, qu’ils ont sortis d’autres albums tout aussi recommandables (le magnifique Shrink (1998) avant Neon Golden, ou encore The Devil, You + Me (en 2008)). Si vous êtes sensibles à la musique envoutante de Radiohead, vous ne resterez pas indifférents à la qualité et la diversité musicale de ces Teutons qui sont à la fois plus jusqu’au boutistes dans la froideur Electro et le rock débridé (Seven Hour Drive et ses guitares saturées). Close To The glass est très varié et propose des passages bien différents. Run Run Run mélancolique et Lineri avec ses 8 minutes de trip, sont mes plages préférées de ce disque parfait.



Brieg Guerveno – Ar Bed Kloz: 

Belle découverte du début d’année ! Grace aux Grandes Z’oreilles et une description de cette musique qui m’a fait direct envie : Rock/Metal progressif qui rappelle Porcupine Tree et (bien sûr) Steven Wilson, ainsi que Opeth sans le chant Death mais avec les mélodies imparables, le tout chanté en Breton. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que je sois plus qu’intrigué et intéressé. Résultat : une musique de toute beauté avec des arrangements très chiadés. Brieg, guitariste chanteur est accompagné de deux superbes instrumentistes à la basse et à la batterie. Les trois, réalisent une musique qui oscille entre pur moments de grâce et violence toujours maitrisée. Le chant en Breton et cette voix très douce (parfois céleste !) donne une « fraîcheur » supplémentaire au projet, ainsi que l’apport, plutôt discret, d’instruments traditionnels de la musique Celte (Uillean Pipe sur le superbe Bev Out Atav, violon, violoncelle ou accordéon). Une musique résolument moderne avec quelques touches de tradition finement distillée ; une écriture qui n’a pas grand-chose à envier aux artistes cités précédemment ; autant de qualités qui vous feront succomber dès la première écoute. Et un groupe qui a toutes les cartes en main pour conquérir le monde. Ni plus, ni moins !


+ un titre à écouter gratos sur leur Bandcamp (pour découvrir et pourquoi pas commander directement au groupe ce disque, futur incontournable du genre)


Après ces petites "douceurs", voici quelques claques, entre Punk Metal et Rock les plus couillus.


The Shrines – Bless Of :


Découvert en première partie de Red Fang, en début d’année, les Américains amateurs de skate et de gros riffs, reviennent avec un successeur à leur nerveux (et morveux !!) Primitive Blast. Bless Of reprend les mêmes ingrédients, mais avec une production moins bordélique et une voix plus assurée, ce qui ressemble plus à leur prestation au Ferrailleur. Riffs « in your face », Basse saturée batterie très nerveuse, cette musique ne peut pas vous laisser indifférent. En effet, un titre comme Nothing Forever et son riff très Sabbath Bloody Sabbath détourné, donne envie de taper du pied et balancer la tête comme un malade avant de grimper aux rideaux (moi ça me fait ça !!) ! La comparaison avec un Motorhead juvénile n’est pas usurpée. Les solos pleuvent et chaque titre nous donne sa dose de Rock & Roll joué sous speed (comme le dit si bien Lemmy). Un groupe qui peut attirer aussi bien les Stoners, les Punks les moins sectaires, ainsi que quelques Thrashers égarés. Zero prise de tête, metal, skate et filles sexy, voici le credo de ces branleurs du Sunset Strip. J’aime…



Birth Of Joy – Prisonier :




Les bataves sont de retours ! Toujours aussi décidés à nous faire bouger la tête, les pieds et le cul, avec leur pur Rock & Roll sévèrement burné. Les six minutes de The Sound mettent dans le bain tout de suite : clavier lancinant, guitare et batterie qui jouent aux montagnes Russes, pour exploser dans un maelstrom final hyper bandant. Et c’est encore gagné pour Birth Of Joy ! Prisonier est peut-être encore plus homogène que ses prédécesseurs et l’on peut désormais dire que Birth Of Joy fait du Birth Of Joy. En effet, cette configuration de groupe pas très banal (Guitare, Batterie et Clavier) se démarque de ses influences qu’on leur a hâtivement données : Doors en tête, avec cette basse effectuée au clavier. Ils impriment leur marque avec des titres très rentre dedans comme How It Goes, Grow, Rock & Roll Show, diablement efficaces, ou des titres qui prennent plus le temps de rentrer en tête comme les longs Three Day Road d’une puissance machiavélique ou Holding On mid-tempo qui calme le jeu. Des titres qui partent en jams toujours intéressantes et inspirées, un peu la marque de fabrique de ce groupe qui devient de plus en plus important à chaque nouveau disque.




Together Pangea – Badillac:


Encore du Rock/Punk jouissif ! Putain que ce début d’année démarre en fanfare ! Dernière signature sur le mythique label Harvest, mais l’on est très loin du Floyd avec Together Pangea. Un groupe qui rappelle le fun de feu Jay Reatard et des fêlés de Hives ! Du bon Power Punk de derrière les fagots avec des refrains à chanter sous la douche et chansons toutes guitares dehors. Le pendant Américain actuel des excellents Drenge anglais. Au milieu de ces bombes nerveuses et/ou destroys (River, entre autres, est imparable !) qui dépassent très rarement les 3mn réglementaires (les superbes Sick Shit et le Final When The Night Ends, confirmeront la règle !), de petites sucreries comme Badillac (le morceau titre !), No Way Out et surtout Offer, (titre beau à en pleurer) offrent des instants plus calmes mais non dénués de charme. C’est vrai quoi, tant qu’il restera des groupes pour nous pondre des titres parfaits comme celui-ci, le Rock a encore de beaux jours devant lui.




The Socks – S/T :


Qu’on ne vienne plus me dire que seuls les Suédois (Graveyard, Witchcraft en tête) et les Anglos Saxons, savent jouer le Rock & Roll !! Nous avons de nombreux groupes en France, qui nous démontrent le contraire depuis quelques années. Il va falloir désormais compter aussi sur The Socks, groupe Lyonnais qui avec son premier album (voir les EP sur leur Bandcamp) mets la barre très haut. Pas de complexes, les compos sont excellentes, la voix et les ziquos sont au top. Nous avons un groupe qui joue dans la cour des grands, alors il faut en être fier ! Signés chez Small Records, les States leur font plus que de l’œil. Rien d’étonnant, lorsque l’on se met ce skeud dans les oreilles, cela devient une évidence. Quelle maîtrise, avec des titres accrocheurs dès la première écoute et d’autres qui prennent le temps de s’inscrire dans votre tête. La production est aux petits oignons, avec cette impression que le groupe est en train de jouer dans votre salon. Chaud et rond, le son de ce disque vous rend pantois. Mention spéciale à l'enchainement de Some Kind Of Sorcery (qui rappelle le meilleur de Graveyard), Next To The Light où la guitare se taille la part du lion et New Kings, qui ne laisse aucun répit et qui passe comme une lettre à la poste ! Les neuf morceaux de ce disque sont d'une qualité au-dessus de la moyenne ! Venez prendre votre claque et ensuite, allez prêcher la bonne parole : The Socks est prêt à envahir la terre entière !!




A bientôt, rockers des villes et rockers des champs...

Arno